Les chasseurs


Texte de notre poète écrivain Esnest LEFRANCOIS


Les chasseurs se réunissaient aux Bideaux, chez le père Julien et la mère Loïse chaque jeudi et chaque dimanche ; ils y passaient de bien agréables moments. La plus grande camaraderie y régnait et l'esprit d'équipe y était développé.


"En fouillant dans mes souvenirs, je retrouve mes anciens compagnons, tels qu'ils m'apparaissaient alors, avec leurs qualités et leurs défauts, les aimants néanmoins, sans exception, simplement parce qu'ils étaient mes camarades".

  
 

                               

JOLY louis :

Haut en couleur, droit comme un chêne, un peu "soupe au lait". Pour rien au monde il n'aurait consenti à partir à la chasse sans avoir auparavant "tué" le verre chez l'ami Jules, au café-tabac de la rue Marié-Davy. La plupart du temps d'ailleurs, il ne tuait de cela....

Honnêtement il nous avouait  "je tire comme un pied"

 

Le père QUILHEM :

Marchand de vin en gros, corpulent, asthmatique. Trouvant que le plus court chemin d'un point à un autre était la ligne droite, il délaissait les sinueux sentiers de la forêt pour se rendre directement par la route à notre rendez-vous de chasse des Bideaux, où, arrivant sur le coup de 11 heures, il avait tout le temps, de siroter sa chopine de "Noâh".

                                                               

WATEBLED :

Le bottier de Clamecy, surnommé : "l'homme au parapluie". Il était vraiment le seul à chasser avec cet accessoire qu'un dispositif ingénieux lui permettait de tenir ouvert, tout en ayant les mains libres pour pouvoir épauler.

 

DELFIEU :

Marbrier , autre Clamecycois, à l'accent savoureux du pays du soleil. 

 

TERLOT :

Notre nerveux charcutier, chez lequel se découpait le gros gibier, et qui préférait voir les sangliers accrochés sur sa civière plutôt que de les rencontrer au milieu des fourrés

                                                                        

Le bon père LAGNEAU :

Il passait des heures à élaguer les chemins, et surpris parfois par le passage d'une chasse, confondait alors serpe avec armes à feu

 

MORIA Jules

Sanguin, bourru, qui, pour avoir débardé les coupes de bois pendant de nombreuses années, était capable de traverser la forêt dans le sens des quatre point cardinaux sans emprunter les chemins et de dire exactement l'endroit où il allait en sortir. Un vrai "sanglier", selon son expression.

 

 
NESLY :

Ancien adjudant, bardé de théories plus où moins militaires. Il prenait toujours ce qu'on nomme à la chasse "les grands devants", et on ne le voyait apparaître que lorsque la sonnerie des trompes annonçaient la "mort". Il expliquait alors qu'il avait tout vu, tout entendu, et, en s'épongeant le front, ponctuait son exposé d'un impérieux : "j'étais là"

                                             

RIGOUT Fernand :

Président de la Coopérative des blés, qui ne pouvait une seul fois mettre les pieds dans la forêt sans entonner à pleine voix "le Cor" de Flégier.

 RIGOUT Marcel :

Son frère, Le Rêveur, "l'homme qui se penche sur son passé",et qu'il fallait arracher de chez la mère Loïse, tant il se plaisait dans ce milieu tranquille, parmi le décor fané d'un passé évoqué sur les murs par d'innombrables calendriers et chromos datant pour la plupart de l'autre siècle.

Le père GUENOT :

Qui, un jour, ayant manqué un chevreuil dans ses culottes, nous expliqua qu'il s'était trompé de lunettes en partant de chez lui....Il avait pris ses lunettes pour voir de loin !!

DAUDIER Marcel :

Le bouif, surnommé "l'homme invisible", car il délaissait volontiers les entiers pour se glisser à travers les taillis, dans des "coulées" de lui seul connues. Ce qui lui valut un jour d'être truffé au plomb de Paris n°6

                                  

MACLOS Fernand :

Le cafetier, chasseur au coeur sensible. Il préférait lorsqu'il voyait passer un chevreuil, lui présenter les armes plutôt que de risquer de faire du mal à "une si charmante petite bête" !

TAPIN René :

Qui brassait le patois à pleine bouche, dans des éclats de rire retentissants.

DELAFOSSE :

Le Parisien, bon vivant, culottant sans relâche une éternelle "bouffarde", au point que les spirales de fumée qui s'en échappaient, faisaient dans le lointain , penser à quelques feu de bûcheron

GERMO :

Colonel en retraite. Il arrivait toujours au rendez-vous de chasse dans sa vieille Renault, frisant imprudemment de 45 à l'heure  

DANCHOT :

Le truculent Chef de gare, bien connu des Clamecycois. Ayant dans sa jeunesse fait un stage dans un séminaire, il ne pouvait s'empêcher, devant une victime de choix, d'entonner le "Te Deum" d'une voix de sentor.

LES ANCIENS :

de gauche à droite : Rigout,Lagneau, Lefrançois(Nenesse), Arrigon H.,Danchot (assis), Arrigon J.,(mains devant) Bailly(au   dessus de la tête de l'âne), De Mattos, Rigout, Tapin

l'invité qui tua l'âne........Malheureusement plusieurs invisibles

CEUX D'AUJOURD'HUI : novembre 2006

 

 
DAVOUS Edmond et CASTUS Gilbert:

Dont le bon ton de commandement cadrait avec leur allure martiale, et dont j'entends encore les pas cadencés résonner sur cette vieille et chère route des Bideaux.

BAILLY :

De Clamecy, grand mutilé de guerre, (deux jambes articulés)et tireur infaillible Il chassait à bicyclette, ce qui fait qu'il précédait souvent le gibier à son passage. Cela signifiait que la bête avait signé son arrêt de mort.

 

ARRIGON Henri :

autre fusil de valeur. Souriant, nonchalent, mais dont le "coup d'épaule" ne pardonnait guére à l'animal passant à portée de fusil.

                                                                            
ARRIGON Jules :

son frère. Il fut nommé Président en tant qu"adjudicataire des bois, comme tout chasseur qui se respecte, il était d'une adresse remarquable. Il fut un Président énergique, regretté de tous.

FLAMANT :

Le pépiniériste à l'humeur égrillarde.

COURTOIS Arthur :

Inlassable trotteur et bavard impénitent. Capitaine des pompiers, agriculteur sur son tracteur rouge...

LEGER Marius :

"l'homme au régime". Estomac déficient, mais jarrets d'acier. Il digérait les kilomètres avec la même facilité qu'il absorbait  

sa salade de concombre.

TAPIN Robert :

Le facteur.

Il avait fait sien l'adage "qui va lentement va bien, qui va bien va loin", auquel nous avions ajouté : "mais n'arrive pas toujours à point".

 

CONSTANT Jules :

Le mécanicien-mélomane. Un jour qu'il chantonnait le grand air de "La Tosca", il prit un chevreuil pour son chien, ce qui, probablement sauva le cervidé de la mort. Mais le dimanche suivant, vexé de sa méprise,et fort de son expérience acquise à ses dépens, Julot, cette fois, prit son chien pour un renard...

St Hubert eut sans doute pitié du bon toutou,

  car la cartouche, par chance,

 refusa de jouer son rôle meurtrier, ne percutant pas.

CASTUS Paul :

Dit : Popol. carrure imposante et mine joviale.

Une fois, il manqua bel et bien de se perdre au milieu des bois, et ne dut son salut, la nuit approchant, qu'à un camarade alerté par ses cris. Celui-ci par bonheur, avait encore au fond de sa gourde un liquide dont Popol était très friand, et dans lequel il puisa les forces nécessaires sur le chemin du retour.

 

DE MATTO Joseph :

qui tirait les geais avec des cartouches à chevrotine

 

VISTEL Marius :

l'inoubliable, et grand destructeur de corbeaux   

LEFRANCOIS Ernest :

Termine ainsi

"Je revois aussi, non sans une certaine mélancolie, l'auteur de ces lignes. En ce temps là, il avait bon pied bon oeil, et tenait honorablement sa plce ventre au bois, et ventre....à table !

Les jours de grande réunion (St Hubert et Fermeture), il délaissait volontiers son fusil pour un crayon finement aiguisé qui lui permettait, au dessert, de décrocher sa lyre, pour retracer en vers dithyrambiques, les exploits de ses camarades."

Beaucoup sont partis chasser sur le territoire du Père Eternel. D'autre nt depuis longtemps "raccroché". Chaque année, quand revient la période de la chasse, dans le chaos de mes souvenirs attendris, leurs silhouettes m'apparaissent s'estompant un peu chaque fois.....

chien braque. Un des nombreux chiens élevés par Nenesse qui les adorait.

 "Ils séduisent d'emblé quiconque s'en approche" disait-il

Le jour se lève..............

Les chasseurs arrivent .................................

à la cabane de chasse.......

 

 

 


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