Ernest LEFRANCOIS


       LE POÈTE

        LE JOURNALISTE

 

         L' ÉCRIVAIN

 

   LE PEINTRE

 

           LE MUSICIEN

 

            L' ARTISTE

 

              L' APICULTEUR

 

                 

    LE POMPIER

 

               LE CHASSEUR

 

 

 

LE POÈTE

J'aimais dans le PARLOIR le silence les bois

J'aimais y promener ma tristesse et ma joie

Et dans le bruissement des feuilles que l'air anime

Les entendre parler et me dicter des rîmes

  Il est né dans un château : celui d'Asnois ou ses parents étaient "en service", le 6 décembre 1898.

Il est mort le 23 avril 1984 dans sa "cabane sur le coteau", son "Refuge" comme  il appelait sa petite maison qu'il avait construite après bien des vicissitudes, en une année - 1956 - entièrement de ses mains... des mains plus habituées au crayon et aux baguettes de tambour de toutes peaux.

"Baguette"...au pays des sobriquets, celui-ci ne choquait personne, surtout pas lui que : "Nenesse" comme on l'appelait familièrement tant il était populaire. Pour le journalisme, une de ses activités, il se faisait appeler parfois : " Nesse Lefrançois".

 

 Ernest Lefrançois fut un homme libre vivant de sa plume, de ses pinceaux, de  ses ruches, et surtout de sa chère musique qui fut pour lui, son véritable métier.
 le poète


 

  le journaliste

Tentation

A la suite de la démission de quatre conseillers municipaux, il s'en fallu de peu que nous retournions aux urnes pour élire de nouveaux édiles.

Parlant de cette éventualité avec un de nos dirigeants celui-ci, devant ma curiosité, insinua doucement que cette fonction serait tout à fait dans mes cordes posant ainsi, sans en avoir l'air, la première pierre de la tentation.

Conseiller municipal!!!.....Je n'y avais jamais songé. Je quittais mon tentateur en bombant le torse. Un peu plus tard, un vieil ami, qui longtemps avait présidé aux destinées de notre commune et auquel je me confiai, sapa brutalement mon enthousiasme à la base. Il n'y alla pas  par quatre chemins : "Toi qui n'aimes ta tranquillité, tu ne vas pas tout de même ...(Ici la plus élémentaire politesse m'obligé à changer quelque peu les termes qu'employa ce camarade pour exprimer sa pensée), tu ne vas tout de même pas, me dit-il, te créer de soucis en te fourrant dans cette galère ?"

Fortement ébranlé par les paroles de sagesse de ce vieux dornecycois,je rentrai chez moi ayant l'impression d'avoir échappé à un mystérieux danger. Et cependant ?

Après mûre réflexion...J' eus comme un trait de lumière. Des conseillers ! me dis-je, il en faut ! Il y en a toujours eu et il y en aura toujours ! Tous, quels qu'ils soient, n'ont pas échappé aux feux de la critique tant il est vrai qu'on ne pas plaire à tout le monde. Le grand problème, dans un conseil municipal,chacun le sait, c'est l'équilibre du budget donc, affaire "de gros sous" que dis-je ! De centimes ! Ah ! Ces fameux centimes additionnels ! Fils d'un franc prétendu "lourd"; ils sont bien légers au fond de certaines bourses quand il s'agit de les sortir. Et c'est là que le bas blesse.

Alors?....Je pense malgré tout que c'est une tâche passionnante mais combien ingrate, que celle de dirigeant communal ! Aussi je tire mon chapeau  à tous nos conseillers passés, présents et...A venir.

Toutefois, et de nouvelles élections ayant  lie, je cédais à la tentation de goûter, à mon tour, au fruit amer de la critique, je vous en supplie, électeurs dornecycois et vous aussi, électrices, ne votez pas pour moi !!!

D'avance, merci

Ernest Lefrançois

 

l'écrivain

MARCASSIN

(extraits choisis par Mr J.F. Ozbolt)

Un jour qu'il passait dans un fourré impénétrable,quelque chose avait bondi devant lui en grognant. Il avait à peine en le temps d'entrevoir la forme sombre d' un sanglier.

Le bois craquait sous la fuite de l' animal. Il était resté là, saisi. Son coeur avait cogné plus fort dans sa poitrine. portant, il n' avait pas eu peur. En avançant un peu, il avait trouvé la bauge de l'animal. Il s' était accroupi, avait tâté de ses deux mains la place encore chaude, humé à pleines narines l'odeur forte émanant du sol.

Brusquement, la bête de chasse sembla prendre un défilé et vouloir gainer les bois de Dornecy. Marcassin eut alors l'impression qu'elle venait, directement  dans sa direction. Il courut donc se porter à l'angle d'un petite ligne et là, dissimulé derrière une cépée de charmes, il attendit. La meute arrivait droit sur lui, dans un tonnerre retentissant. Le bois semblait frémir sous cette avalanche de voix.

Qui n'a entendu passer une meute en peine forêt sans avoir ressenti une étrange oppression? Vous êtes là, figé par cette puissante fanfare aux voix de basse profondes et graves, les cogneurs, puis les soprani, hurlant une note sans fin, un cri suraigu d'agonisant qui n'en finit plus de mourir. Le tout dans des tonalités impossibles à décrire, mais s'harmonisant dans une orchestration fantastique. L'instant est inoubliable, à condition d'être chasseur et d'aimer la forêt, pour en goûter tout le charme. Et quand il vous est entré une fois dans les oreilles, on ne peut plus l'oublier. C'est  la fois émouvant et grandiose.

 

MES CHIENS ET MOI (d'après recueil)

la dernière bouchée

Habituée, à a fin de chacun de mes repas, à happer la dernière bouchée de pain, celle qui nettoie l'assiette à son intention, Dolly attend sagement prés de ma chaise. Elle sait que je ne la priverai pas de ce qu'elle considère comme une friandise, même si mon appétit tentait de me faire oublier mon devoir. C'est entre nous une conversation nettement établie : le paiement de sa sagesse pendant la durée de mon repas. Elle le sait. Donc à moi de ne pas oublier car, elle, n'oublie jamais !

Dolby a vu mon geste : le mouvement du bras, la main qui tourne en rond au-dessus de l'assiette. Alors elle s'agite, s'impatiente, geste trop lent à son gré pour un désir si longtemps contenu. Elle s'impose, ses pattes trépignent sur ma cuisse. Elle est certaine de l'impunité puisque c'est son droit. Ne pas lui donner cette dernière bouchée serait la frustrer. Me l'approprier serait manquer aux règles de notre amitié.

Machinalement, j'ai porté le morceau de pain à ma bouche. Je fais claquer ma langue. Cette sauce était délicieuse !

Dolby cesse de se trémousser. Ses yeux ont accompagné ma main de l'assiette à ma bouche. Étonnés, ils plongent dans les miens : "Comment est-ce possible ! ça alors !!! Maître, tu ne respectes pas le code ! Tu m'as demandé depuis longtemps de me tenir tranquille pendant tes repas. Une fois dit, cela m'a suffi. Ton geste a été inconscient, je veux bien le croire. Avec ton intelligence d'humain, comment as-tu fait pour oublier ta promesse ?...Je ne t'en veux pas puisque tu es mon Maître et que je sais que tu m'aimes, cependant !..

A nouveau son corps s'agite dans une impatience anxieuse.

Je joue l'étonné :

"Tu as raison, dis-je avec hypocrisie, j'ai failli à ma parole en m'appropriant ce qui te revenait de droit. Pardonne mon étourderie, je vais y remédier !"

Je fais le geste de nettoyer mon assiette, vierge maintenant de toutes parcelles alimentaires avec un second morceau de pain que je lui tends.

Elle grignote, le regard soudain éteint, cette friandise qui n'en est plus une, puisque sans odeur alléchante.

Je n'ose plus la regarder car je ne suis pas très fier de la façon dont je mets en pratique ma conception de l'amitié entre ma chienne et moi.

                                                                

 

 

 

le peintre

 

     

   Jalouse.......

 

 

 le musicien

Ses amis l appelaient "Baguette" !!!

 

 

 

l'artiste

 

place au théatre.......

LA PIE QUI CHANTE

de gauche à droite accroupis : Jules Constant,Lucien Rollin, Marcel Rigout.

2ème rang, assis : Arthur Courtois, Eugéne Dulieu, Joseph De Mattos

debout 3ème rang : Elisabeth Castus, Fernand Castus, Raymonde Martin, Marie Thérèse Courtois, LucienMessin, Odette Beruelle, Mme Koller, Paulette Meunier, Esnest Lefrançois.

dernier rang : Gaston Marchain (coiffeur maquilleur) Fernand Maclos (régisseur)

"Nenesse ne badinait pas sur le travail. Il fallait connaître son texte, tenir son rôle et le plaisir était aussi dans la variété des programmes.

on aurait pu faire de la télé......

 

L' APICULTEUR

 

Autoportrait (barbe d'abeilles)

avec son élève

Nenesse et Michel Mariot

Nenesse (manuscrit)

 

 

 le pompier

Il est là, debout,à droite, blouson ouvert.

 

 le chasseur

 

Une journée de Chasse aux Communaux

Par une belle matinée d'un Novembre si doux

Qu'il mettait dans nos coeurs un affolant remous,

Un bruit plus qu'insolite éveilla le pays :

C'était nos braves chasseurs, tous de bons amis

Qui d'un pied léger montaient aux Communaux

Chasser la petite bête et les grands animaux.

Leurs fidèles compagnons à la gorge sonore

Clamaient dans leurs abois au milieu d'un décor

De pourpre et de feu comme seul en crée l'automne

La joie des sains plaisirs et des courses folles

On partit au rendez-vous;le président Arrigon

l'oeil sévère et muni de toutes ses sanctions

Donnant le bon exemple, arriva le premier

L'exactitude étant d'ailleurs son fait,

On décida l'attaque dans les "Quatre-Arpents"

Un seul fit objection, un nommé "Flamand"

Qui, lui, voulait chasser au "Cul de Margot"

(Je ne sais vraiment pas s'il jouait sur les mots)

Ayant pris ses dispositions, on se sépara,

Dans la grandiose forêt, le silence fut roi

........................................................

Le temps passait, on sonna la retraite,

Quand quelqu'un s'écria : Où est donc "Nenesse" ?

Ce pauvre rimaillon, votre serviteur,

Oubliant la chasse, laissant filer les heures,

Crayon en main, à l'arrière était resté,

Afin de jeter, pêle-mêle, sur ce papier,

Soucieux d'une sincère camaraderie

Cette histoire que, mes chers amis, je vous dédie.

                      

  

 

croquis de son ami

"Nesse" par A. Coulon

 

 Par une délibération en date du 14 septembre 1990, la Municipalité a décider de débaptiser le "Chemin de la côte"

qui est désormais le    

  


                                                                         Retour index