Le Pont de la « Planche aux Loups»
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Ce pont fut construit en 1851, il permet de passer l’Armance, quand on prend le chemin qui relie la route de Brève à la route de Sardy, à moins de 500m du Monument aux Morts.Voici comment un vieil homme de Dornecy aujourd’hui disparu, racontait l’histoire qu’il tenait de son grand père.
« Avant la construction du pont, les voitures (à cheval) passaient l’Armance « à gué », et les piétons sur une simple planche jetée d’un bord à l’autre.
Ce chemin était très fréquenté, puisqu’il était le seul, à l’époque, qui permettait aux habitants de Villiers-sur-Yonne, de se rendre à Lormes, ou seulement à La Maison Dieu.Les piétons n’étaient pas les seuls à emprunter cette planche pour traverser le petit cours d’eau ; les loups, qui, en ce temps là abondaient dans les bois, y passaient aussi pour venir rôder dans les plaines de Brèves, surtout quand l’hiver était long et rigoureux.
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Ils marquaient alors leur passage sur la neige et …sur la planche, par de nombreuses empreintes.
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Empreinte de loup. »Bronze »Et voilà ce qui fut raconté : vers l’année 1800, un jeune enfant aurait été enlevé aux abords de la commune de Brèves, par un loup dont on suivit les traces sur la neige jusqu’à l’entrée des bois, après qu’il eut marqué son passage de l’Armance sur la planche en question.
Le dernier loup fut tué à Dornecy en 1905, victime du poison.
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, les loups subsistent dans notre contrée. Leur présence nécessite une lutte particulièrement active, engagée par les particuliers et les Collectivités.
Aussi, comment ne pas s’étonner que cette bête féroce ait frappé l’imagination des hommes et soit devenue le redoutable héros de tant d’aventures extraordinaires contées pas la littérature populaire.
L’éminent folkloriste Jean Drouillet, mentionne que bien qu’ils le redoutent, les paysans n’hésitent pas à l'affronter, connaissant ses points faibles : ses reins et ses côtes. Les Grenois affirment que l’animal est obligé pour s’ouvrir la gueule, de se servir de deux pierres plates tenues avec les pattes…..
Bien sûr, le loup a des accointances avec le « m’neux » ou « loup-garou », héros de multiples histoires, devenu tuteur ou protecteur de l’animal, pour le punir d’un manquement au pact diabolique. Au XIXème siècle, la population de Courcelles est terrorisée par un « m’neux de loup » qui, la nuit tombée, conduit les galops effrénés.
Mais le plus souvent, le loup est considéré comme le serviteur du diable : vivant, il tire le chariot infernal et mort, il permet aux sorciers de se rendre au sabbat.
Le mélange diabolique du foie de loup à ses aliments est réputé rendre fou le bétail.
Louis XVIII édicte un nouveau règlement de la louveterie stipulant que les lieutenants doivent entretenir à leurs frais un équipage composé d’au moins un piqueur, deux valets de limiers, un valet de chiens, dix chiens courant et quatre limiers.
Dans la région de Clamecy, malgré les mesures prises par le nouveau régime, la situation se révèle particulièrement préoccupante.
En mai 1816, dans les bois de Brèves, une bête féroce terrorise les habitants de cette contrée. Deux jeunes filles âgées de 9 et 10 ans succombent sous ses crocs. Des battues infructueuses se succèdent. Enfin, le 14 juin, sont retrouvées les traces d’une louve abattue par François Moreau, garde à Dornecy.
Quelques jours plus tard, le jeune Pierre Boroche, couché sur un tas de foin, alors qu’il garde des chevaux, est
assailli par un mâle qui lui arrache une partie du visage. Le 3 août, au hameau des Bideaux,
à Asnière-sous-bois, près de Dornecy, quatre hommes sont assaillis l’un d’eux, Pierre Noireau est étranglé. Le 21 septembre, à La Forêt, hameau de Surgy, Etienne Notete, jeune garçon de 12 ans qui gardait son troupeau est surpris par un loup qui le décapite. Puis le 17 octobre, Jean Chapuis, un laboureur d’Armes, est grièvement blessé à la figure par un loup qui bondit sur une jument.
Les battues qui se succèdent ne donnent aucun résultat. Le bilan de ces journées d’épouvante se révèle particulièrement tragique; trois enfants dévorés, un homme étranglé et plus de vingt autres blessés.
L’année 1817 sera aussi meurtrière que la précédente. Dès le 19 juin, les loups multiplient leurs agressions dans la région de Clamecy. Le 30 juin, une jeune bergère de quatre ans a la tête dévorée. Le 12 juillet, il en est de même pour un garçonnet de six ans.
Les battues succèdent aux battues, des pièges sont installés, et des appâts empoisonnés sont posés ici et là.
Malgré les succès obtenus, les loups demeurent nombreux, continuant leurs ravages.
La louveterieGeorges Marchand et Charlotte.
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